Fortifications

Le fort Saint-Jean de Lyon

Le fort Saint-Jean de Lyon : du bastion à un édifice imposant !

Non loin des bords de Saône et du quai Saint-Vincent, au 21 montée de la Butte dans le 1er arrondissement de Lyon, se trouve le fort Saint-Jean.

Au début du 16e siècle, il est un simple bastion (élément d’une fortification classique, qui remplace notamment la tour) composant l’enceinte de la Croix-Rousse et est achevé au 17e siècle. La construction des bâtiments actuels a commencé en 1834 pour s’achever dix ans plus tard.

Le fort Saint-Jean a une superficie de 17 000 m² au sol et 9 000 m² de bâtiments. Il domine la Saône à 40 mètres d’altitude et est situé à 201 mètres d’altitude.
L’enceinte du fort a conservé un bâtiment datant du 16e siècle (implantation du fort) tout comme des constructions du 19e siècle et leurs remarquables remparts…


Accès

Il est desservi par la montée de la Butte, ainsi que par un escalier (raccourci de la montée) qui débouche directement devant le fort.

En transports en communs, le site est desservi par :

  • les lignes de bus C13 et C18 arrêt Duroc;
  • les lignes de bus C14, 19, 31 et 40 arrêt Pont-Koënig.

Historique

L’histoire des fortifications de Lyon remonte au début du 13e siècle. Un traité atteste en effet la présence de clôtures et de fossés au nord, sur la zone de la presqu’île. Les fortifications suivaient alors l’axe de la place des Terreaux actuelle. Un premier rempart a probablement existé à partir du 15e siècle à ce même endroit.

Le bastion Saint-Jean du 16e au 18e siècle

En 1512, le roi Louis XII, face au danger d’invasion, fait remplacer les « vieux fossés » et construire de nouvelles fortifications (enceinte bastionnée) au nord de la ville, au sommet des pentes de la Croix-Rousse. Celles-ci englobent les faubourgs qui se sont développés par-delà les remparts des Terreaux pendant le Moyen Age.

Aux bords du quai Saint-Vincent, la situation géographique, avec la présence du rocher de l’Aigle et ses parois verticales apparaît comme un lieu privilégié pour implanter un ouvrage de défense. Le site va ainsi devenir un avant poste de la défense de Lyon. La construction du Fort Saint-Jean, qui y débute en 1513, inaugure l’aménagement du secteur.
Le fort est alors construit en tant que bastion de l’enceinte de la Croix-Rousse (le premier de la ville), au pied du rocher de l’Aigle.

De la Saône au Rhône, deux kilomètres environ de remparts de dix mètres de haut sont installés. Aux deux extrémités de ces fortifications sont érigés des bastions (dont Saint-Jean).

Dans les années 1630, la porte fortifiée d’Alincourt, en contrebas du bastion et au pied du rocher, est alors ouverte sur la rive gauche de la Saône. Le quai est également aménagé, ce qui simplifie l’accès à cette rive et y permettra le développement de la cité, jusqu’alors déserte.

Entre 1607 et 1659, pour que les troupes puissent plus facilement se déplacer sur les versants du rocher de l’Aigle, on ouvre une voie  très abrupte en ligne droite du fort à la Saône : le chemin de la Butte. Cette montée n’était alors qu’un chemin très pentu en ligne droite donnant accès au fort; elle est modifiée en 1840 en une montée en lacets permettant la desserte des charrois (convois) militaires.


Les fortifications de la Croix-Rousse

Les fortifications de la Croix-Rousse s’étendaient ainsi du Rhône à la Saône, sur deux kilomètres, selon la ligne droite du boulevard actuel de la Croix-Rousse. A cette époque, le Plan Scénographique de Lyon indique la présence d’un long rempart, doté d’un pont-levis, la porte Saint-Sébastien. Voir le plan en détail (cliquez-ci)

En 1523, François Ier nomme Jean Pérréal responsable des fortifications, dont la construction se poursuit jusque vers 1550, sous l’impulsion de Jean d’Albo (alors gouverneur du lyonnais).
Vers 1600, les fortifications du nord de Lyon comptent neuf bastions à oreillons reliés par une courtine, dont le bastion Saint-Jean, qui domine la Saône.

En 1602, le Consulat (institution qui détient le pouvoir municipal à Lyon de 1320 à 1790), redoute que les murailles édifiées puissent desservir la ville : les bastions sont ainsi ouverts, des murs intérieurs étant notamment démolis.
En 1617, les anciens bastions proches des cours d’eau sont remplacés et en 1630, à l’initiative du gouverneur Charles d’Alincourt, la fortification est modernisée avec la construction de 6 demi-lunes.

Au nord, Lyon était donc protégée par le rempart de la Croix-Rousse, longue muraille faisant elle-même plus tard partie de ce que l’on appelle la première ceinture de Lyon.

*Élaborée entre 1830 et 1870, la première ceinture (ou système  Rohault de Fleury, de son créateur) se compose de 22 fortifications intra-muros ou périphérique. Elles étaient disposées dans un rayon d’environ 2,5 km autour de la ville de Lyon.
*La deuxième ceinture (ou système Séré de Rivières), édifier entre 1871 et 1890, est elle formée de 26 fortifications péri urbaines, situées dans un rayon de 8,5 km autour de la ville.


Le fort Saint-Jean du 19e siècle à nos jours

A la fin des années 1700, les fortifications sont presque à l’abandon. La municipalité propose alors en 1827 de démolir les bastions, mais suite à la révolte des canuts de 1831, elle annule le projet. A partir de 1834, les fortifications sont au contraire réparées; le bastion Saint-Jean est réaménagé et incorporé dans un fort imposant, le fort Saint-Jean.
Il  devient propriété de l’état et pendant dix ans, de nouveaux bâtiments sont érigés dans l’enceinte du fort :

  • une cantine;
  • une caserne;
  • le pavillon des officiers.
Quelques dates importantes :
  • 1932:  le fort est occupé par le Service de Santé des Armées qui y installe sa pharmacie régionale;
  • 1984 : l’inspection des services vétérinaires des armées s’y installe. Un  magasin de réserve de mobilisation du Service de Santé est également présent jusqu’en 1998.

Aujourd’hui

Le fort est restauré en 2001 par l’architecte Pierre Vurpas. Peu après, en 2004, l’École nationale du Trésor public (ENT) devenue l’École nationale des finances publiques (ENFiP) (formation des contrôleurs des finances publiques) s’y installe. Le fort Saint-Jean accueille également quelques manifestations culturelles.


Sources

Wikipédia
Qse.free.fr
Museemilitairelyon.com
Ruesdelyon.monsiteperso.net
Caue.69.fr
Divisare.com

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