Parcs et jardins

Le fabuleux jardin Rosa Mir de Lyon

Un coin de Méditerranée secret à la Croix-Rousse !

Vous avez l’habitude de vous promener dans les rues de la Croix Rousse ? Cela ne vous a peut-être pas suffi pour découvrir le jardin Rosa Mir. Pourtant, il n’est à manquer sous aucun prétexte ! Caché dans la cour intérieure d’un immeuble, il vous faut passer sous un porche et l’impasse Viard, puis traverser une allée pour enfin découvrir cet extraordinaire jardin. C’est au 87 grande rue de la Croix-Rousse dans le 4e arrondissement de Lyon que se trouve le jardin Rosa Mir (l’entrée est seulement indiquée par une plaque apposée au mur).

Histoire du jardin Rosa Mire

Ce jardin a été créé par Jules Senis (1913-1983), un artisan maçon carreleur d’origine espagnole formé à l’école du compagnonnage. Républicain, il se réfugie en France en 1947 pour fuir le Franquisme, avec sa femme et ses deux fils. Il s’installe alors à Lyon et crée une entreprise de maçonnerie et carrelage. En 1953, on lui diagnostique un cancer. Après 3 ans d’hospitalisation, il bénéficie d’une rémission inattendue. Il fait alors le vœu de construire un jardin qu’il dédiera à sa mère Rosa Mir Mercader, ainsi qu’à la Vierge Marie (un autel lui est d’ailleurs consacré) à qui, selon lui, il doit sa guérison. Achetant le terrain juxtaposé à son immeuble, Jules Senis métamorphose petit à petit la parcelle en jardin. Il consacre alors toute la fin de sa vie (26 ans, de 1957 à 1983) à l’édification de cette oeuvre dont il avait rêvée.

Quelques temps avant la fin de sa vie, des ennuis font craindre à Jules Senis de devoir vendre son fabuleux jardin à des promoteurs et de le voir détruit. Plusieurs de ses amis proches créent alors une association visant à défendre le jardin Rosa Mire. Ils ont ensuite réussi à convaincre la ville de Lyon d’en devenir propriétaire..

En 1983, Jules Senis décède. C’est désormais la direction des Espaces verts de la Ville de Lyon qui reprend la main sur le jardin. Malheureusement, avec les années qui passent, le jardin se dégrade. Les nouvelles plantations ne sont pas forcément respectueuses de la création d’origine, au fur et à mesure des ajustements effectués par la Ville. Le jardin finit même par être envahi par la végétation et par perdre son esprit d’origine.

Le 13 juillet 2011,  la Ville de Lyon décide de fermer au public le jardin Rosa Mire afin d’engager des travaux de rénovation importants. Le but de la manœuvre est aussi de lui redonner son esprit d’origine. Le jardin est rouvert au public depuis le 25 juin 2016. Il s’agit aujourd’hui d’un des lieux les plus étranges et les plus secrets de la ville et d’un des lieux les moins connus des Lyonnais !

Accès et horaires d’ouverture

Il est possible d’accéder au jardin Rosa Mir en empruntant les transports en communs lyonnais :

  • Métro ligne C | Station « Hénon » et « Croix-Rousse » ;
  • Métro ligne C | Station « Hénon »  ;
    + Bus ligne 33 | Direction « Rillieux – Les Alagniers » | Arrêt   « Hôpital Croix-Rousse  » ;
  • Bus ligne C13 | Arrêt « Hôpital Croix-Rousse  » ;
  • Bus ligne 38 | Arrêt « Hôpital Croix-Rousse  » ;

Un parc de stationnement,  place Joannès Ambre, est également disponible.
Ce jardin n’est pas un espace vert accessible au public comme les autres. Il est ouvert les samedis du 1er avril au 31 octobre de 15h à 18h. Celui-ci étant très fragile, les visites sont encadrées; ainsi les visiteurs peuvent profiter de cet espace sans risquer de l’abîmer.

L’entrée est gratuite ! Il ne vous reste qu’un peu moins d’un mois pour vous y rendre. N’attendez plus pour venir découvrir ce petit havre de paix, caché au cœur du quartier de la Croix-Rousse, et respirer les douces odeurs qui s’en échappent !

Protection et statut

Classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 24 décembre 1987, le jardin Rosa Mire détient également le label “Patrimoine du 20° siècle”.

Composition du jardin Rosa Mire

Pour réaliser son oeuvre, Jules Senis n’a pas utilisé de plans : il « avait tout dans la tête ». Il ne faut pas oublier qu’il n’était ni jardinier ni artiste en tant que tel.
Grâce à son imagination, il a édifié un petit trésor, qualifié ici et là d’art brut, naïf, poétique ou encore utopiste. Le jardin Rosa Mir en est ainsi une invitation au voyage.

Composé de structures et de matériaux étonnants, ce jardin entre en contraste avec l’architecture des immeubles qui l’entourent. Une fois à l’intérieur, on découvre un univers protégé du regard des passants : Rosa Mire est composé de deux jardins et d’une terrasse. Le premier jardin dispose de bancs, d’un mûrier, de plusieurs pots et plates bandes de plantes fleuries.

C’est le se second jardin qui est extraordinaire. Construit en verticalité sur 360m², ce jardin rectangulaire est composé de nombreuses colonnes et traverses coiffées de bacs à plantes décorant le jardin, lui-même parcouru de minuscules allées. Des carrés verts trouvent place entre ces mêmes allées. Au centre, se trouvent une espèce de pilier organique avec des roses de sables, des porcelaines ou encore de simples escargots. Les formes y sont étranges voire ensorcelantes. Le jardin Rosa Mir marie à la perfection le minéral et le végétal.

Chaque mur, chaque colonne, chaque traverse et chaque bac est décoré de milliers de coquilles d’huîtres et de coquillages, dispersés de manière réfléchie en alternance avec des pierres et des petits cailloux, tapissant ainsi l’ensemble des surfaces. Le jardin donne également la part belle à la végétation : les plantes grasses, méditerranéennes et les fleurs sont abondantes et admirables. Elles colorent le jardin de teintes vertes, roses et oranges. Des joubarbes prennent notamment place dans des coquilles saint-sacques et des agaves coiffent divers éléments.

La réalisation des motifs et l’aspect très décoratif, pourvoit à l’ensemble un effet kaléidoscopique. La structure est ainsi marquée par les lieux d’Espagne où Jules Senis a travaillé et le dépaysement y est ainsi total. On reconnaît en effetl’inspiration espagnole, voire arabo-andalouse. On pense facilement aux œuvres de l’architecte Gaudi à Barcelone, tels le parc Güell ou la Sagrada Familia ou encore à l’Alhambra de Grenade et à la basilique de Montserrat en Catalogne. Plus modestement, on peut aussi penser au Palais du Facteur Cheval, situé dans la Drôme, pour l’abondance des petits objets naturels du quotidien (coquillages, cailloux etc. de différents aspects et couleurs).

Rénovation du jardin Rosa Mire

Suite à cinq ans de rénovation, le jardin Rosa Mir rouvre à l’été 2016. Un gros travail de réflexion puis de remise en valeur ayant alors été effectué. Les architectes paysagistes qui ont travaillé à la réhabilitation de ce lieu insolite ont souhaité coller au plus près de l’œuvre originale de Jules Senis.

De nombreux coquillages sont remplacés, des pierres recollées. Près de 450 végétaux sont plantés dans les vasques supérieures et 4000 joubarbes trouvent place dans les coquilles saint-Jacques. A côté des 750 vivaces de rocaille, disposées dans les vasques inférieures, les jardinières en comportent plus de 2 000 autres. Le promeneur découvre une palette impressionnante de 5 000 végétaux importées de Méditerranée où se côtoient origan, rosier, citronnier, iris…
La végétation est aujourd’hui de nouveau en accord avec ce qu’elle était quand Jules Senis a créé le jardin Rosa Mir : elle est méditerranéenne, avec beaucoup d’agaves et de plantes grasses.

La gestion des eaux pluviales, problème majeur du jardin (l’eau stagnait et endommageait l’ensemble) a également été revue.

Le saviez-vous ?

En 1983 des amis et admirateurs de Jules Senis  créent l’association pour l’aider à préserver le jardin, mais aussi pour en faire la promotion.
Association des amis du jardin Rosa Mir – 87, grande rue de la Croix Rousse – 69004 Lyon

Le jardin Rosa Mir en vidéo

Sources

rosa.mir.free.fr
wikipedia.org
culturebox.francetvinfo.fr
20minutes.fr/lyon
rue89lyon.fr
rue89lyon.fr
leprogres.fr/lyon
petit-bulletin.fr
happycurio.com
green-monsters.fr
spot-web.fr/lyon
lelyondesgones.com

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