Fête des Lumières

Fête des Lumières : histoire et actualité

Fête des Lumières : histoire et actualité

Une célébration traditionnelle qui a traversé le temps et les âges

Unique au monde, la Fête des Lumières se déroule chaque année à Lyon durant quelques jours, avec en point d’orgue le 8 décembre. Il s’agit de la manifestation populaire la plus importante de la région lyonnaise : alors que, par tradition, les lyonnais déposent des lumignons sur leurs balcons et à leurs fenêtres, la ville est  « embrasée » et animée par de nombreux spectacles lumineux.

C’est un des quatre plus grands rassemblements festifs au monde  en termes de fréquentation (après le Kumbh Mela, le Carnaval de Rio et l’Oktoberfest de Munich). La Fête des Lumières est notamment connue pour son son aspect populaire et son envergure artistique.

Vieille de plus de 150 ans, cette fête du 8 décembre est d’abord une histoire de tradition religieuse, mais également un événement populaire, au cours duquel les Lyonnais descendent dans la rue. Aujourd’hui, elle est aussi la Fête des Lumières qui fait rayonner Lyon dans le monde entier et qui, sous toutes ses formes, reste dans le cœur des habitants. Mais d’où vient cette tradition? Comment est-elle née ?
De nombreuses confusions et légendes existent sur son origine et son histoire.


Légendes

La peste

Au 17e siècle, la peste fait rage dans toute l’Europe et arrive aux portes de Lyon. Des centaines de lyonnais meurent de cette terrible maladie.  Après avoir tenté en vain d’enrayer le fléau, les Échevins de Lyon (du Consulat de Lyon, institution détenant le pouvoir municipal à Lyon entre 1320 et 1790) avec à leur tête le Prévost (équivalent du maire aujourd’hui) Alexandre Mascary, mettent le 12 mars 1643 la ville de Lyon sous la protection particulière de la Vierge Marie, par l’intermédiaire de l’Archevêque. Les Échevins s’engagent en échange à monter en pèlerinage à Fourvière tous les 8 septembre, jour de fête de la Nativité de la Vierge, pour effectuer prières et dévotions à la dite Vierge et lui offrir sept livres de cire blanche et un écu d’or. L’épidémie de peste est par la suite enrayée…De nos jours la tradition est toujours en place et le Vœu toujours respecté : la pièce d’or est encore donnée à l’évêque de Lyon le jour de la naissance de la Vierge.

Nulle trace alors d’illumination des fenêtres. Pourtant ce Vœu des Échevins du 8 septembre est  la rumeur la plus persistante sur les débuts de la Fête des Lumières et les illuminations.

Le choléra

En 1832, c’est le choléra qui menace Lyon. Des pèlerinages menant à Fourvière et implorant la protection de Notre-Dame de Fourvière sont là encore organisés. Le choléra s’éloigne…

La guerre avec les Prussiens

En 1870, se déroule la guerre franco-allemande et Lyon se voit menacée. On a de nouveau recours à la protection de Marie et à un nouveau Vœu. Monseigneur Ginoulhiac (évêque de la ville) demande au nom de lyonnais, la protection de Lyon face à aux troupes prussiennes : « une Basilique sera édifiée à la place de la petite église, si Lyon échappe à la fureur des allemands ».  Les Prussiens cessent alors leur progression et la ville de Lyon est épargnée. Les travaux de la nouvelle Basilique à la gloire de Marie commenceront très rapidement.
Mais aucune illumination liée à cet événement…Un autre mythe lié à un Vœu !

Selon certains, les lyonnais auraient commencé à éclairer leurs fenêtres de bougie suite à l’un de ces mythes… mais ce n’est pas la véritable histoire.


L’origine de la Fête des Lumières

Marie est ainsi considérée depuis longtemps comme la divinité  protectrice et sauveuse de la ville de Lyon. Il existe à Lyon cette très ancienne tradition du culte marial, dont la colline de Fourvière est le haut-lieu. Ce culte semble remonter au début de l’histoire du christianisme et au premier évêque de la ville Saint Pothin (une fresque illustre cela dans la basilique de Fourvière), puis à Saint Irénée qui décrivait Marie comme la nouvelle Eve. Les premiers indices de pèlerinage à Fourvière,  le véritable symbole de la dévotion mariale, remontent  au 11e siècle. Les siècles suivants, cette célébration se développe (célébration de sa Nativité le 8 septembre, notamment). Une première église dédiée à la Vierge est édifiée en 1168, à l’emplacement de la Basilique actuelle. Elle est détruite lors de guerres de religions puis restaurée au 16e siècle. Les Lyonnais et les Échevins ont ainsi depuis longtemps pris l’habitude de demander l’intercession de la Vierge Marie pour guérir d’une maladie,  en faveur d’un enfant, etc. Les habitants se rendent ainsi régulièrement au sommet de la colline de Fourvière dans la petite église qui domine alors la ville.

Les siècles  passent et avec des pèlerins  toujours plus nombreux, il devient nécessaire de restaurer la vieille église. En 1850, le cardinal de Bonald fait reconstruire le clocher vétuste de la Chapelle Notre-Dame-de-Fourvière, au-dessus duquel on décide d’installer une statue monumentale en bronze dorée à la gloire de Marie (celle qui surplombe encore la ville aujourd’hui). Le sculpteur lyonnais Joseph-Hugues Fabisch remporte le concours organisé pour l’occasion (10 juin 1851) et la restauration du clocher se termine en 1852.  Reste à le coiffer de la magnifique statue de Marie.

L’œuvre complète doit être inaugurée le 8 septembre, jour de la célébration de la Nativité de la Vierge.

Depuis longtemps, l’Église considère le 8 décembre comme la date à laquelle la Vierge Marie aurait été conçue lors de « l’immaculée conception ». Mais c’est  seulement en 1854 que le Vatican reconnaît officiellement le 8 décembre comme étant le jour du dogme de l’immaculée conception.

Mais quelques jours auparavant, les conditions météorologiques s’en mêlent et Lyon se retrouve sous des torrents d’eau : la Saône déborde et inonde l’atelier du sculpteur. La statue de Marie ne sera pas prête à la date prévue. L’installation est alors reportée au 8 décembre.

Et ce jour-là, de violents orages s’abattent sur Lyon et la Saône menace encore de sortir de son lit. L’Archevêque de Lyon fait alors repousser la cérémonie officielle et les illuminations prévues au 12 décembre (la statue doit être illuminée par des feux de Bengale, des feux d’artifices tirés depuis le haut de la colline et des fanfares sont prévues pour jouer dans les rues).
Mais en fin de journée, alors que les Lyonnais préparent depuis des mois cette célébration, le ciel se fait clément. La population, bientôt suivie par une partie des autorités religieuses,  descend alors dans les rues  pour célébrer, comme prévue : les feux de Bengale éclairent la Vierge de Notre Dame de Fourvière !
Puis, de façon spontanée, les lyonnais allument sur leur fenêtre des bougies, lampes à huile, bougeoirs, lumignons….et illuminent leurs fenêtres et balcons. En 1854, l’éclairage public n’est pas encore disponible; il est ainsi assez simple d’imaginer l’effet produit par ces illuminations…que ce soit sur la ville ou sur l’enthousiasme des lyonnais. Quelle ferveur populaire !

Selon le récit d’un chroniqueur de l’époque :

« Tout à coup apparaissent à quelques fenêtres inconnues des lignes de feu… La ville s’était embrasée en un instant. Bientôt, il ne restait plus, sur la vaste étendue des quais, des rues, des passages ignorés et des cours invisibles, aucune fenêtre obscure. Les petits marchands, les clochers, illuminaient leurs baraques, leurs voitures et jusqu’aux bordures des trottoirs… Quelques feux de Bengale s’allumèrent sur les toits de la chapelle de Fourvière, la statue de la Vierge apparaît et la grosse cloche de Saint Jean, cet éloquent interprète des joies publiques, est lancée à toute volée. À huit heures, la population entière était dans la rue, circulant, paisible, joyeuse et attendrie. On se serrait la main sans se connaître, on chantait des cantiques, on applaudissait, on criait : « Vive Marie !  » Les étrangers n’en revenaient pas de leur surprise, et les Lyonnais, tout remplis qu’ils étaient de cette fête improvisée, se demandaient comment, en un instant, une population de trois cent mille âmes avait pu être saisie de la même pensée. »

L’événement éphémère de la nuit du 8 décembre 1852 va par la suite rester dans la mémoire collective. Les illuminations de 1853 sont préparées avec soin et celles de l’année suivante sont même un triomphe : elles coïncident avec la proclamation par le Pape, à Rome, du dogme de l’Immaculée Conception. Désormais, chaque année, les lyonnais rendent hommage à la Vierge Marie avec les fameux lumignons (verres garnis d’une bougie) multicolores posés sur le rebord des fenêtres. Ils créent ainsi la « Fête de la Lumière ».  Le célèbre « merci Marie »,  qui s’éclaire sur l’esplanade de la basilique en lettres lumineuses visibles de loin, sera installé chaque année à cette occasion.

Ce moment fort de la ville se transforme en une célébration annuelle puis deviendra une institution de renommée internationale. Ainsi est née en 1852 la tradition et la fête religieuse du 8 décembre à Lyon !


Fête des Lumières au 21e siècle

A la fin du 20e siècle, la célébration va prendre une autre dimension.

En 1989, un premier tournant important a lieu : le maire Michel Noir inscrit l’organisation de cette célébration dans le champ de compétence de l’adjoint chargé du rayonnement international de la ville. La fête doit alors bénéficier au rayonnement et à l’attractivité touristique de la ville de Lyon : une vraie politique culturelle est mise en place (objectifs, moyens humains et financiers, communication, etc.). 70 animations sont organisées dans le centre ville. Cela marque le début de la transformation de cette fête religieuse en célébration populaire et artistique aux visées commerciales et touristiques, où la célébration de la ville de Lyon s’ajoute alors à la célébration chrétienne.

Le « Plan Lumière », est alors mis en place. Il s’agit d’un plan d’éclairage urbain ayant pour objectif d’apporter une image nouvelle à la ville. Divers sites et monuments parmi les plus prestigieux de la ville sont ainsi transcendés par leur mise en lumière, notamment chaque 8 décembre, et donnent vie à la nuit lyonnaise : Fourvière, l’Hôtel de Ville, la place des Terreaux, les églises, les ponts, les quais, etc. Les rues, elles, sont toujours investies par les lyonnais et par les visiteurs venus pour l’événement.

Une véritable stratégie commerciale s’installe au fil des années, poursuivie par le successeur de Michel Noir, Raymond Barre. En 1999, le budget alloué par la ville à l’événement est d’environ 500 000 €.

En 2001, avec le maire Gérard Collomb, la célébration prend un nouveau tournant touristique et commercial, évoluant vers une formule qui dure quatre jours et prenant officiellement le nom de « Fête des Lumières ». En 2002, le budget de la manifestation triple pour atteindre environ 1,5 millions d’euros. 1 million de visiteurs seront présents cette année-là.

Le programme est chaque année plus développé, la scénographie et les spectacles de lumière sont à la fois innovants et souvent surprenants. Ville de Lyon, tradition et évolutions techniques s’associent pour faire découvrir le patrimoine de la ville de façon originale et offrir aux habitants et aux visiteurs de plus en plus nombreux (jusqu’à quatre millions) un moment exceptionnel et un spectacle unique en Europe. Trois types de projets, provenant de concepteurs nationaux et internationaux de renom sont visibles :

  • « design lumière », objets lumineux monumentaux dans l’espace public;
  • mises en lumière de bâtiments spectaculaires avec des éclairagistes, incluant scénarios, son et lumière;
  • projections monumentales sur les bâtiments, avec une histoire racontée avec de la lumière et des effets 3 D (comme sur la place des Terreaux).

La Fête des Lumières accueille chaque année des délégations du monde entier venues s’inspirer des festivités : elles sont imitées par plus de quarante autres grandes villes dans le monde.

La Ville de Lyon crée en 2002  le réseau international LUCI (Lighting Urban Community International), rassemblant des villes venant des quatre coins du globe et qui sont convaincues du rôle primordial de la lumière dans le développement urbain, économique et social.

La Fête des Lumières devient un véritable vrai succès populaire, et connaît une réputation nationale et internationale, comme le souhaitaient au départ les maires Michel Noir, Raymond Barre puis Gérard Collomb.
En 2007, l’événement reçoit le trophée du « meilleur évènement Grand Public 2006 » lors de la première édition des trophées de l’événement.
En 2008, le budget alloué avoisine les 2 millions d’euros.
Ainsi, la Fête des Lumières devient, depuis le début des années 2000, une fête commerciale et culturelle au même titre qu’une célébration cultuelle. Malgré les apparences, son caractère religieux reste présent et se ravive même (la concertation entre la municipalité et l’Église avait diminué à une époque) depuis quelques années. Les spectacles lumineux s’adaptent de mieux en mieux  à la nature particulière des lieux de cultes. Selon l’historien spécialiste de l’Histoire de Lyon, Bruno Benoit, la Fête des Lumières est devenue :

« la fête de tous, où se mêlent la dimension de foi, les manifestations culturelles et cultuelles, le tourisme et le commerce ».

Ce qui était au départ un geste de Foi a traversé le temps et s’est fondu dans le patrimoine laïque lyonnais, la tradition se perpétuant dans de très nombreuses familles, toutes religions confondues.

Enfin, cette fête s’ancre totalement au sein de l’identité collective lyonnaise et devient un élément incontournable de promotion pour la ville de Lyon. Une imposante stratégie de communication est mise en place autour de la Fête des Lumières, afin d’appuyer le développement et le rayonnement national et international de la ville, bien au-delà de ce qui avait été réalisé lors du mandat de Michel Noir.
Aujourd’hui, l’aspect numérique est devenu essentiel et la Fête des Lumières fait de Lyon une destination incontournable en Europe.
L’événement est devenue une gigantesque opportunité économique pour la ville de Lyon et la métropole lyonnaise, grâce aux retombées (hôtellerie,  restauration, etc.) mais aussi à la vente des très nombreux produits dérivés estampillés « Fête des Lumières ».


2015

Pour la première fois de son histoire, l’édition 2015 de la Fête des Lumières  est annulée pour des raisons de sécurité, en raison des événements tragiques survenus à Paris durant les attentats du 13 novembre 2015.

L’événement est transformé en un hommage aux victimes des attentats parisiens, à travers la pose traditionnelle de lumignons sur les fenêtres (ce qui se faisait naturellement auparavant, mais la tradition avait tendance à se perdre depuis plusieurs années). L’éclairage public du centre-ville est même éteint pour contempler les fenêtres illuminées. Le 8 décembre, les quais de Saône et la colline de Fourvière accueillent la diffusion d’une fresque gigantesque composée de gros plans sur les yeux des personnages de tableaux de grands maîtres, ainsi que des prénoms des victimes des attentats, qui défilent sur les façades des quais.

La procession et la montée aux flambeaux vers la Basilique Notre-Dame de Fourvière, qui a lieu chaque année est maintenue.  Enfin, les 7 et 8 décembre, le diocèse modifie l’inscription lumineuse « Merci Marie » de l’esplanade de Fourvière en la faisant précéder du sigle « # », afin que ce mot-clé soit un maximum relayé sur les réseaux sociaux .


Fête des Lumières : édition 2016

En cette année 2016 et après un an d’absence, la Fête des Lumières revient ! Elle aura lieu en Presqu’île et dans le Vieux-Lyon, du 8 au 10 décembre, de 20 heures à minuit.

Pour des raisons de sécurité, cette édition sera concentrée sur trois jours, de 20 heures à minuit. Les spectacles et animations lumineuses auront lieu sur la Presqu’île, de la place Bellecour à la place Sathonay, ainsi que dans le quartier Vieux-Lyon.

Découvrez toutes les installations ! Les différents parcours proposés !

La carte interactive ! De nombreuses informations et conseils pratiques.

D’autres informations pratiques. Une autre carte interactive

Des visites guidées organisées pour l’occasion par le Musée Gadagne, par l’association Lyon-Visite et par l’association Lyon Insolite !

F.A.Q : pour toute question pratique, vous pouvez vous reporter à cet article très complet du journal local Le Progrès.


Quelques chiffres en vrac…

  • Selon l’office de tourisme, 10 % des visiteurs de Lyon passent pendant les quatre jours de la Fête des Lumières !
  • 300 visites guidées organisées par l’Office de Tourisme du Grand Lyon;
  • 3 à 4 millions de visiteurs pour les dernières éditions de l’événement;
  • 8 millions de lumignons vendus;
  • Une moyenne de 80 projets lumières chaque année;
  • 3500 euros de dépense en électricité;
  • 4e événement festif au monde en terme de fréquentation.

 

En 2014 la Fête des Lumières a regroupé :

  • 80 projets artistiques lumineux  et 184 artistes;
  • 800 000 spectateurs sur la place des Terreaux, 700 000 spectateurs sur la place Bellecour et autant sur la place Saint-Jean
  • 79 entreprises et institutions partenaires, 9 partenaires médias;
  • 65 délégations internationales accueillies ;
  • 60 000 visiteurs accueillis à l’Office du Tourisme.

Quelques vidéos…


Sources

www.fetedeslumieres.lyon.fr
P
atrimoine-lyon.org
www.vieux-lyon.org
www.lyon-france.com
www.lyonweb.net
o
mnilogie.fr
cris23.fr
dictionnaire.sensagent.leparisien.fr
www.cybele-arts.fr/
culturesetcroyances.com
http://www.ina.fr/video/LYC9212114263
http://www.ina.fr/video/LXC00024546
https://www.youtube.com/watch?v=QgyvlcQFRLQ
https://www.youtube.com/watch?v=ntBtmznGDts

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